Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

     Depuis la fin des trois ou quatre premières années «heureuses» de l’alternance, le sénégalais lambda est découragé, désorienté, et perpétuellement astreint à la lourde peine de trouver la dépense quotidienne.

     Pire encore, la satisfaction du moindre besoin devient une corvée, donnant ainsi naissance à un malaise psychologique ayant parfois des aboutissements dangereux et écœurants. La preuve, Kéba Diop tente de s’immoler par le feu devant les grilles du palais présidentiel pour réclamer son argent au parti démocratique sénégalais, des jeunes saccagent la capitale sénégalaise pour protester contre les délestages intempestifs de la part de la SENELEC, des universitaires font régulièrement la grève à cause des retards de salaires, dans presque tous les secteurs les syndicats sont sur le qui-vive... La liste est loin d’être exhaustive.

     Pendant ce temps, les injonctions fusent de partout au sommet de l’Etat, provoquant le plus souvent des contrariétés flagrantes et une disparition progressive de la cohérence du système hiérarchique.

     Ce que nos autorités semblent avoir oublié, c’est que cela risque de provoquer une désobéissance généralisée au sein de la population qui en a marre des promesses et autres propos des politiciens soucieux seulement de préserver leurs avantages et d’assouvir leurs besoins matérialistes.

     En effet, comme le démontre l’expérience du professeur David Naggara (Roger Planchon) dans «i comme Icare » d’Henry Verneuil (France, 1979) : «Dès que la cohérence du système hiérarchique disparaît, dès qu’il y a désaccord au niveau de l’autorité, le sujet en profite pour désobéir ». Peut-être que cela constitue la principale cause de la dislocation des binômes Wade/Idy et Wade/Macky. A chacun d’en juger.

     Ce qui est cependant évident, c’est que même si «dans un pays civilisé, démocratique et libéral, les 2/3 de la population sont capables d'exécuter n'importe quel ordre provenant d'une autorité supérieure» selon le procureur Henry Volney (Yves Montand), il reste toujours ce 1/3 dans lequel on trouve des jeunes comme l’assassin présumé Karl-Eric Daslow (Didier Sauvegrain) qui affirme n’obéir à une autorité que lorsqu’il respectr cette dernière et qu’il l’accepte. Autrement dit, ce 1/3 de la population constitue la poudre incendiaire qui risque d’exploser à tout moment à force d’accumuler la colère et les contrariétés. D’où viendra l’étincelle qui mettra le feu à cette poudre ? Il revient à l’Etat de trouver la réponse à cette question. Si un homme averti en vaut deux, alors combien en vaut un Etat averti ?

 

 © Copyrught: Dr Mamadou BA,  octobre 2008

© Copyright: Dr Mamadou BA,
Tag(s) : #Politique

Partager cet article

Repost 0